Florian Harmand
Face à l’inflation des données et aux limites du « data-driven design », cet article défend une culture des données en design consciente des enjeux informationnels pour la discipline. Plus précisément, ce texte s’intéresse aux opérations qui permettent de transformer des données brutes en informations actionnables dans l’exercice de conception. La réflexion s’appuie sur une revue de littérature croisant design, sciences de l’information et de la communication, architecture de l’information et gestion de produit, ainsi que sur deux études de cas (un design logiciel professionnel et un projet académique). L’analyse identifie cinq opérations clés et esquisse des modélisations du travail des données. L’article postule que la « culture des données » en design repose sur des tactiques de transformation couplées à des outils numériques pour générer des informations pertinentes à partir des masses hétérogènes de données (quantitatives, qualitatives, méta) – une médiation indispensable pour justifier les propositions de valeur et guider l’idéation sans subir la tyrannie des métriques.